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L’avenir officinal

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L’avenir officinal

 

Quelques chiffres

L’année 2013 est rétrospectivement une mauvaise année pour la pharmacie. En moyenne, les petites pharmacies ont perdu 4% du chiffre d’affaires, les moyennes et les grandes se sont à peine maintenues. A l’heure où j’écris, il y a 3000 pharmaciens assistants à la recherche d’un emploi : c’est un chiffre énorme et jamais vu dans la profession. L’année 2014 est marquée par deux baisses de prix sur les médicaments remboursés en janvier et juillet. Pour l’avenir, le gouvernement prévoit 3,5 milliards d’euros d’économie à 2017 et on peut être sûrs que les pharmaciens seront encore mis à contribution par le biais de baisse de prix.

La riposte de la profession

Des remèdes contre cette morosité ont été négociés par les syndicats officinaux :

-          Modification de la MDL avec rémunération à la boîte (1€ par ligne et 5€ pour les ordonnances chroniques de plus de cinq lignes)

-          Création de l’entretien pharmaceutique avec une rémunération de 40€ pour deux entretiens par patient

-          Prime à la substitution

Ces mesures ont pour but de maintenir la marge du pharmacien en échange d’une baisse de chiffre d’affaires. Mécaniquement, la marge en pourcentage va augmenter mais pas en valeur.

La rémunération réelle du pharmacien en baisse

Rappelons quelques bases,  le pharmacien titulaire est rémunéré par plusieurs biais qui sont le salaire, les dividendes, la capitalisation :

-          Le salaire : c’est le montant touché pour travailler quotidiennement dans son officine. En général, il est bas comparé au temps passé. Ce taux horaire est faible comme pour toutes les professions libérales.

-          Les dividendes : Etant actionnaire de l’entreprise, si elle fait des bénéfices alors le pharmacien peut espérer  un bonus en fin d’année.

-          La capitalisation : A la vente, le pharmacien peut espérer opérer une plus-value. Il se passe le même mécanisme que dans l’immobilier.

En réfléchissant un peu, on comprend donc très vite que le salaire peut rester constant mais que les dividendes risquent de baisser ainsi que le système de capitalisation qui risque d’en prendre un coup vu que les chiffres d’affaires stagnent ou baissent.

De plus, en 2013 une réforme sur les parts en officine a modifié la donne : le pharmacien gérant doit être majoritaire en droit de vote et en part dans la pharmacie. Pour le gérant, c’est une avancée. Pour le marché de la transaction officinale c’est moins positif. Les pharmaciens qui n’ont pas de fonds ont pris pour habitude de faire appel  à des pharmaciens en échange de parts dans l’officine achetée.  Avec cette réforme, les pharmaciens investisseurs voulant aider ceux qui veulent se lancer sont plus frileux et ont peur de perdre les fonds investis. Il en résulte une baisse du  nombre d’acheteurs potentiels et donc forcément une baisse des prix de cession.

Conclusion

A l’heure actuelle, nous sommes dans une situation de transition où nous sommes dans l’obligation de faire plus avec moins ce qui n’est évidemment pas idéal. Normalement, la rémunération à court terme du pharmacien n’est pas ou peu  touchée mais à long terme c’est un autre problème. Pour y remédier, il existe deux solutions : revenir sur la réforme sur les parts en officine et/ou ouvrir le capital à des non pharmaciens pour permettre aux investissements de revenir.

Pour ma part, je pense que le métier de pharmacien reste un beau métier qui est dévalorisé. A l’heure actuelle être un bon officinal n’est plus suffisant, il faut être aussi un très bon gestionnaire.

 

Article rédigé par Sunvirak CHHIT, membre de Pharmacie et Santé